Side A
01 – Mix up moods
02 – Nostradamus
03 – Slave driver
04 – Vain imagining
05 – Takin it all
06 – Love is the song i sing
07 – Sunday morning
08 – The bait
09 – Pick up
10 – The pack
11 – Set us free
La
scène française est maintenant habituée
à voir surgir "The Electric Dread" dans les bacs. Ainsi son
nouveau projet signé Makasound nous promet encore pas mal
d'activité dans les salles de concerts .
Chaque nouvelle sortie
sur le label Makasound
est un petit évènement en soi pour tous les
amoureux de reggae, tant ce nom est devenu au fil du temps synonyme de
qualité.
Cet album ne fera pas exception, d’autant qu’il
s’agit du nouvel opus d’un
vétéran de la scène
jamaïcaine : Winston
Mc Anuff.
Après quelques collaborations très
remarquées avec des artistes français (Bazbaz, Java) aux
influences multiples, il annonce ici son retour à ses
premiers amours… le reggae roots made in JA. Pour
répondre à l’attente suscité
par ce projet, notre homme n’a pas fait les choses
à moitié puisqu’il s’est
entouré de poids lourds de la scène yardie : le
guitariste de génie Earl
« Chinna » Smith que l’on ne
présente plus, le batteur Leroy « Horsemouth
» Wallace, Bongo
Herman aux percussions… Fort de ces
expériences françaises, « The electric dread
» s’est aussi appuyé sur les cuivres de
la Faya Horns section,
auteurs d’un premier album très
remarqué cette année sur le label Ariwa de Mad Professor. Et
c’est au musicien-producteur Clive Hunt
qu’a été laissé le soin de
donner vie à cette association de talents.
Dès le morceau d’ouverture, « Mix up moods »,
on comprend que tout le monde a trouvé sa place dans ce
tableau : posé sur une section rythmique lourde et
tranchante, la voix brûlante et pleine de
sincérité de Mc
Anuff déchire l’espace. Le mix est
sobre, soigné et sans concession, fait de petites touches
laissant ainsi s’exprimer chaque instrument comme sur le
très efficace « Vain Imagining
». Usant parfois de résonances dub pour mieux
mettre en avant les textes conscious du « dread
électrique » (« Slave driver
» ; « The
bait »..), Clive
Hunt a su tiré le meilleur de chacun des
musiciens en présence, offrant à Mc Anuff des
compositions riches, aux rythmiques solides, au service d’un
chant authentique. Un vrai retour aux sources du reggae qui
n’empêche pas notre homme, comme à son
habitude, de nos proposer d’autres horizons musicaux comme en
atteste le morceau « Takin
it all » à la vibes
profondément Soul. Et que dire du magnifique « Love is the song I sing
».. Ballade semi acoustique épurée
rappelant l’ambiance « Inna Di Yard »,
popularisée par Earl
«Chinna » Smith sur ces
dernières productions, avec ces envolées de
flûte venant répondre à la voix
troublante du chanteur.
A la fois homogènes dans la qualité et
variés dans les ambiances proposées, les titres
s’enchaînent sans lassitude grâce
à un Mc anuff,
au top de sa forme sur ces 11 compositions originales.
Le chant tour à tour léger (« Sunday Morning
»), accusateur sur le terrible « Nostradamus
», souvent à la limite de la rupture, mais
toujours emplis d’une réelle
sincérité comme sur le titre « Set us free
» qui clôture cet album ne peut laisser
indifférent et nous rappelle pourquoi nous aimons tant le
reggae.
Le retour aux sources annoncé a bien eu lieu sur cet album,
à la musicalité fine et travaillée, et
ce, pour notre plus grand plaisir. Une des plus belles sorties de ces
derniers mois, qui ne fait que se bonifier au fil des
écoutes !